Un immeuble de 7 étages, bois et bottes de paille, dans les Vosges

Immeuble écologique en bois et bottes de paille

La résidence Jules Ferry comporte deux immeubles écologique d’habitation en bois et bottes de paille, conçus par l’architecte Antoine Pagnoux d’ASP Architecture.

Huit, c’est le nombre record de niveaux atteint par un immeuble écologique d’habitation, réalisé en bois pour sa structure et en bottes de paille pour son isolation, à Saint-Dié-des-Vosges, en Lorraine. Si le procédé bois et bottes de paille n’est plus vraiment une nouveauté, les 24 m de haut et 8 niveaux de ce bâtiment constitue un record en Europe.

Reposant sur une ossature en panneaux de bois massif en épicéa, doublée de quelque 700 caissons bois remplis de paille, le tout en privilégiant un approvisionnement local, le bilan CO2 affiché par l’ensemble est excellent avec 1200 tonnes de CO2 séquestrées. Au final, le coefficient de transmission thermique U des parois est deux fois supérieur à celui exigé par la RT2012 (la Règlementation Thermique 2012 qui impose la construction de bâtiments basse consommation), permettant ainsi à la construction d’être labellisée Passiv’haus. Outre ces caractéristiques, le Toit Vosgien, la société HLM à l’origine de ce projet, a été encore plus loin dans sa démarche d’habitat écologique. Le bâtiment est en effet quasiment autonome en énergie puisqu’une pompe à chaleur géothermique, une ventilation double flux, un système de récupération de la chaleur des eaux usées, des capteurs solaires thermiques et … un ascenseur dégénératif (qui récupère de l’énergie lors de la descente) complètent l’ensemble.

Immeuble écologique en bois et bottes de paille à Saint-Dié, dans les Vosges

Au-delà de son intérêt environnemental et sanitaire, cet immeuble écologique va permettre de réduire très significativement les charges. Annuellement, le coût annuel des charges (chauffage, production d’eau chaude, ventilation) ne devrait pas dépasser 132 € pour un appartement T4 de 100 m2, selon le Toit Vosgien. Un exploit dû, certes, à la performance thermique de la technique bois/bottes de paille, mais également à l’orientation de l’ensemble des appartements au sud et aux 95 % d’énergie gratuite hors équipements électriques domestiques (cuisson, TV, réfrigérateur, machine à laver, etc.).

Le coût global de l’opération, pour 26 logements T3 et T4 d’une surface moyenne de 80 m2 dans deux bâtiments distincts mais de même technologie, voit la facture s’élever à environ 5 millions d’euros, soit un coût de 175 € ht/m2 (une solution économique revient à 135 € ht/m2). Une valeur qui permet néanmoins au bailleur de maintenir les loyers à moins de 5 € le mètre carré.

Avec cet immeuble écologique et ses appartements à prix modérés, le Toit Vosgien apporte la preuve qu’il est possible de concilier performance énergétique, habitat écologique et logement social. Il reste ainsi à espérer que cette réalisation inspirera d’autres bailleurs sociaux …

Pascal . 07/01/2014
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