Centrales nucléaires : démantèlement impossible ?

Source : Résistance Inventerre

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ARTE 20.55 / Mardi 29 juillet DOCUMENTAIRE Enquête sur les dangers et le coût du retraitement des réacteurs

Rediffusion lundi 04.08 à 8h55

Au fil des témoignages – physiciens, militants d’associations anti-nucléaires, mais aussi salariés du nucléaire –, on découvre l’imprévoyance totale d’une industrie qui se targue pourtant d’une expertise scientifique sans faille. Cette enquête sans concessions dresse un bilan préoccupant de l’état du parc nucléaire dans les pays développés.

Le nucléaire devrait fournir des sujets aux documentaristes pendant quelques centaines d’années. Car le problème essentiel de l’énergie nucléaire est celui-ci : quoi qu’il arrive, ses conséquences sur les sociétés humaines seront très durables, en raison de la radioactivité qu’elle génère.

Ce documentaire  passionnant  de  Bernard Nicolas  s’intéresse au sort des réacteurs nucléaires parvenus en fin de durée de fonctionnement. Ils sont près de quinze chaque année dans le monde.  Et  montre de manière très pédagogique  que l’industrie ne maîtrise pas cette technique difficile.

Pourquoi si difficile ? Parce que, après trente à quarante ans de production d’électricité par la fission de l’atome, tous les matériels intégrés dans le réacteur sont irradiés à un degré plus ou moins important. La technique de démontage se révèle  très délicate. De même, il faut ensuite enfermer très soigneusement les matériaux et liquides radioactifs pour éviter qu’ils contaminent l’environnement.

” Pas de fuite avant 300 000 ans “

De surcroît, le démantèlement crée un problème de stockage des pièces de la centrale devenues déchets radio-actifs. Le plus souvent, elles seront stockées aux abords mêmes de la centrale durant ” au moins vingt ans, précise Jay Hyland, directeur de la sécurité nucléaire de l’Etat du Maine, aux Etats-Unis, ou peut-être même cent ans… “

L’espoir des nucléaristes serait de les enfouir sous terre. Mais là non plus, rien n’est vraiment maîtrisé. Dans la mine de sel d’Asse, en Allemagne, on a commencé il y a quarante ans à enfouir des déchets nucléaires. En  2004, la montagne de granit voisine a commencé à bouger et le site d’enfouissement à se fissurer. Et il faut y injecter du béton en permanence.

” Dans le pire des scénarios, assure Anja Schulte-Lutz, de l’Office fédéral contre les radiations, il n’y aura pas de fuite avant 300 000 ans. “ Mais, observe l’écologiste Udo Dettmann, ” on nous a dit il y a quarante ans qu’Asse était sûr, et l’on s’est trompé. On n’est pas certain que, dans quarante ans, on ne nous dira pas de nouveau qu’on s’était trompé “.

Hervé Kempf

Bernard Nicolas (France, 2013, 52 min). © Le Monde

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